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GDTF et MVR : ce que ces formats changent pour le pupitreur

Tout pupitreur a déjà perdu une soirée à cause d’une librairie : un projecteur absent de la console, un mode DMX mal décrit, un profil différent entre le logiciel de plan, le visualiseur et le pupitre. GDTF et MVR sont deux formats ouverts conçus précisément pour mettre fin à ces allers-retours. Voici ce qu’ils contiennent, ce qu’ils changent dans le travail quotidien et leurs limites actuelles.

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Photo : MA Lighting

Le problème de départ : une librairie par logiciel

Historiquement, chaque console et chaque logiciel de visualisation possède son propre format de fixture. Le fabricant de projecteurs publie un manuel, puis chaque éditeur (ou l’utilisateur lui-même) traduit ce manuel dans sa propre librairie. Résultat : des erreurs de transcription, des modes manquants et des délais entre la sortie d’un projecteur et son arrivée dans les consoles. Si vous gérez encore vos librairies à la main, notre guide pour importer et gérer les librairies fixtures reste utile.

L’idée de GDTF est simple : un seul fichier de description, rédigé idéalement par le fabricant du projecteur, lisible par toutes les consoles et tous les logiciels compatibles.

GDTF : la carte d’identité numérique du projecteur

Une norme DIN, pas une norme ESTA

GDTF est normalisé sous la forme de la DIN SPEC 15800. La version 2022-02 correspond à GDTF 1.2. On lit parfois qu’il s’agirait d’une norme ESTA E1.59 : c’est inexact, la référence officielle est bien la DIN SPEC 15800. L’initiative a été lancée par trois acteurs : MA Lighting, Robe et Vectorworks.

Ce que contient un fichier GDTF

D’après la spécification publiée sur gdtf.eu, un fichier GDTF décrit l’appareil de manière bien plus complète qu’une librairie classique :

  • un fichier de description XML (description.xml) ;
  • les modes DMX de l’appareil ;
  • sa géométrie (les parties mobiles, les sources, leur hiérarchie) ;
  • des modèles 3D ;
  • les images des roues (gobos, couleurs) ;
  • une description physique de l’appareil.

Ce niveau de détail permet à un visualiseur d’afficher correctement le projecteur, et à une console de connaître précisément ses attributs, sans double saisie.

gdtf-share.com : la bibliothèque commune

Les fichiers GDTF sont centralisés sur gdtf-share.com, plateforme gérée par le VPLT. On y télécharge les profils publiés par les fabricants ou par la communauté. Réflexe à prendre : vérifier qui a créé le fichier et sa date avant de l’utiliser sur un show, exactement comme pour une librairie maison.

MVR : échanger un kit complet, pas seulement un projecteur

Ce que décrit un fichier MVR

Là où GDTF décrit un appareil, MVR décrit une installation entière. La spécification est normalisée sous la forme de la DIN SPEC 15801, dans sa version 2023-12, qui correspond à MVR 1.6. Son but affiché est d’unifier l’échange d’informations entre les différents logiciels du spectacle : un fichier MVR permet de partager la scène et son environnement, jusqu’à un état complet de préparation du show.

Une scène MVR contient des objets paramétriques : projecteurs, ponts de structure, écrans vidéo et autres éléments.

Ce qu’il y a dans l’archive

Physiquement, un fichier .mvr est une archive ZIP. Elle contient obligatoirement un fichier racine nommé GeneralSceneDescription.xml, et peut embarquer :

  • les fichiers GDTF des appareils utilisés ;
  • des fichiers de géométrie 3D, aux formats 3DS ou glTF 2.0 ;
  • des ressources complémentaires.

Autrement dit, un MVR transporte à la fois l’implantation et la description de chaque projecteur. C’est ce qui le rend intéressant pour passer d’un logiciel de plan à un visualiseur puis à la console.

MVR-xchange : l’échange en réseau

La spécification définit aussi un format de communication, MVR-xchange, pour partager ces fichiers entre applications sur un même réseau sans passer par une clé USB. Il existe deux modes : un mode TCP avec découverte automatique par mDNS, sans configuration, et un mode WebSocket qui passe par un serveur et un DNS classique. Les messages sont échangés au format JSON.

Ce que ça change pour le pupitreur

GDTF MVR
Objet décrit Un type d’appareil Une scène ou un kit complet
Norme DIN SPEC 15800 (GDTF 1.2 : 2022-02) DIN SPEC 15801 (MVR 1.6 : 2023-12)
Contenu principal description.xml, modes DMX, géométrie, modèles 3D, roues Archive ZIP : GeneralSceneDescription.xml, fichiers GDTF, 3D (3DS, glTF 2.0)
Partage gdtf-share.com (VPLT) Fichier .mvr ou MVR-xchange en réseau

Un flux de préparation plus propre

Le scénario visé par ces formats : le concepteur dessine l’implantation dans son logiciel de plan, exporte un MVR, le visualiseur et la console importent la même scène avec les mêmes appareils. L’objectif est de pouvoir faire circuler les modifications du plan sans tout ressaisir. Pour le choix du visualiseur, voyez notre sélection de logiciels de previz.

Moins de profils faits maison

Quand un fabricant publie un GDTF soigné, le pupitreur n’a plus à reconstruire le profil lui-même. Cela ne supprime pas complètement le besoin de savoir le faire : pour un appareil récent sans fichier fiable, notre guide pour créer un profil fixture personnalisé reste d’actualité.

Les limites à garder en tête

  • La qualité dépend de l’auteur du fichier. Un GDTF mal rédigé reste un mauvais profil, simplement plus portable.
  • Le support varie selon les logiciels et les versions. Avant de bâtir un flux de travail autour de GDTF et MVR, vérifiez dans la documentation de votre console et de votre visualiseur quelles versions sont gérées en import et en export.
  • Le mode DMX reste un choix humain. Le fichier décrit tous les modes, mais c’est à vous de choisir le bon et de le régler sur l’appareil. Notre guide des modes DMX des projecteurs LED aide à trancher.

En résumé

GDTF normalise la description d’un appareil, MVR celle d’une scène entière, et MVR-xchange leur circulation sur le réseau. Pour le pupitreur, l’intérêt est concret : moins de saisie, moins d’erreurs de profil et une préparation plus fluide entre plan, previz et console. Le bon réflexe aujourd’hui : chercher d’abord le GDTF officiel du fabricant sur gdtf-share.com, vérifier sa compatibilité avec votre logiciel, et garder la maîtrise de vos librairies pour les cas où le fichier n’existe pas encore.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le GDTF ?

Un format ouvert qui décrit un appareil d’éclairage (modes DMX, géométrie, modèles 3D, roues) de façon lisible par plusieurs consoles et logiciels. Il est normalisé sous la DIN SPEC 15800.

Quelle différence entre GDTF et MVR ?

GDTF décrit un type d’appareil, MVR décrit une scène complète : projecteurs, structures, écrans et autres objets, avec les fichiers GDTF embarqués dans une archive .mvr.

Où télécharger des fichiers GDTF ?

Sur gdtf-share.com, la plateforme de partage gérée par le VPLT. Vérifiez l’auteur et la date du fichier avant de l’utiliser en production.

GDTF est-il une norme ESTA ?

Non. GDTF est normalisé par la DIN SPEC 15800, et MVR par la DIN SPEC 15801. L’initiative a été lancée par MA Lighting, Robe et Vectorworks.

Sources — gdtf.eu : introduction à GDTF (DIN SPEC 15800), gdtf.eu : introduction à MVR (DIN SPEC 15801), Spécification MVR et MVR-xchange (mvrdevelopment).

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